Aller au contenu
Développement web

Comment choisir une agence web sans se faire vendre uniquement du design ? 15 questions à poser

De belles maquettes ne disent rien de ce que votre site rapportera. Voici les 15 questions qui départagent les agences web, la grille pour comparer leurs réponses, le test de votre agence actuelle et la checklist pour en changer.

Par Maxime Goutelard

11 min de lecture

Trois enveloppes kraft scellées de cire vert sauge et ambrée alignées sur un bureau, l'une ouverte sur des maquettes de site dessinées
Sommaire8

Trois agences sont passées. La première a présenté des maquettes superbes, la deuxième un portfolio de marques connues, la troisième a surtout posé des questions sur vos clients. Leurs devis vont de 8 000 à 30 000 € HT, et c'est à vous de choisir celle qui fera, cette fois, un site qui rapporte.

Le piège est connu : on juge une agence sur ce qu'elle montre, le design, alors que la valeur d'un site tient à ce qu'on ne voit pas en réunion. Ces 15 questions obligent les agences à parler de ce qui rapportera : la structure, les contenus, le référencement, la conversion et la maintenance. Vous trouverez aussi de quoi juger votre agence actuelle, et en changer sans rien casser.

Ce que vous achetez vraiment en faisant appel à une agence web#

Un site se juge à ce qu'il produit : des demandes, des appels, des candidatures. Et vos prospects se font un avis sans vous : dans l'étude 2025 de 6sense, 94 % des groupes d'acheteurs B2B avaient déjà classé leurs fournisseurs favoris avant le premier contact. Votre site doit donc informer, rassurer et convaincre seul.

La vitesse compte autant que l'apparence. Dans l'étude Milliseconds Make Millions (Deloitte Digital et fifty-five pour Google, 2020), gagner 0,1 seconde de chargement sur mobile a augmenté de 21,6 % la progression de la première étape du formulaire jusqu'à l'envoi, sur les sites de génération de leads.

Le design sert cinq fonctions, il ne les remplace pas. C'est sur elles que la proposition d'une agence doit être précise.

Ce qui fait la valeurCe que la proposition doit montrer
StructureUne arborescence construite sur les recherches et les parcours de vos clients
ContenusQui écrit, combien de pages, à partir de quels entretiens
RéférencementBalises, vitesse, données structurées, plan de redirections en cas de refonte
ConversionFormulaires, appels à l'action, suivi des demandes dans Google Analytics et le CRM
MaintenanceMises à jour, sauvegardes, délai de réponse, temps d'évolution

Les 15 questions à poser à une agence web#

Posez-les en rendez-vous, ou envoyez-les avec votre cahier des charges : des réponses écrites se comparent mieux. Pour chacune, voici ce qu'une bonne réponse contient.

Sur votre activité et vos objectifs#

1. « Qu'avez-vous compris de notre activité et de nos clients ? » Une bonne agence reformule votre offre, vos cibles et votre cycle de vente avec ses mots, et vous interroge sur vos marges, vos concurrents, vos commerciaux. Si elle parle d'emblée de « site moderne et épuré », elle n'a pas écouté.

2. « Que doit produire le site, et comment le mesurerez-vous ? » Attendez un objectif chiffré (demandes, appels, candidatures), un suivi dans Google Analytics et votre CRM, et une échéance. C'est l'une des questions que Google recommande de poser avant d'engager un prestataire en référencement.

Sur la méthode#

3. « Comment construirez-vous l'arborescence ? » À partir de vos offres, des recherches réelles de vos clients et de leurs parcours, pas à partir d'un thème ou du dernier site livré.

4. « Qui écrit les contenus, et combien de pages ? » « Textes fournis par le client » signifie que vous écrivez tout. Faites préciser le nombre de pages rédigées, la méthode (entretiens, ateliers) et le nombre d'allers-retours.

5. « Que prévoyez-vous, concrètement, pour le référencement ? » Une liste : balises, structure des titres, vitesse, données structurées, Search Console et, pour une refonte, inventaire des URL et plan de redirections. « SEO inclus » sans détail ne veut rien dire.

6. « Comment le site transformera-t-il les visites en demandes ? » Formulaires courts, appels à l'action visibles, preuves près des boutons, suivi des conversions testé avant la mise en ligne. Une agence qui ne mesure rien ne pourra jamais prouver son travail.

Sur l'équipe et la sous-traitance#

7. « Qui, nommément, travaillera sur notre projet ? » Chef de projet, designer, développeur, rédacteur : des noms et leur disponibilité. Méfiez-vous si seul le commercial se présente.

8. « Sous-traitez-vous une partie du travail, et à qui ? » La sous-traitance n'est pas un défaut si elle est annoncée. Si l'agence héberge votre site ou reçoit vos formulaires, elle traite des données personnelles pour vous : le RGPD lui interdit alors de recourir à un autre sous-traitant sans votre autorisation écrite préalable (article 28).

Sur la propriété et la réversibilité#

9. « À qui appartiendront le nom de domaine, les comptes et le code ? » La seule bonne réponse : à vous. Le titulaire d'un nom de domaine est la personne inscrite dans la base Whois, et l'Afnic signale de nombreux cas de prestataires qui ont enregistré le nom de leur client à leur propre nom. Pour la Search Console, Google Analytics, Google Ads et votre fiche Google, c'est votre entreprise qui doit détenir le plus haut niveau d'accès (propriétaire ou administrateur).

10. « Que récupérons-nous si nous arrêtons ? » Le code, les contenus, les fichiers sources, les sauvegardes et les accès, dans un délai écrit. Payer un site ne vous en transfère pas les droits d'auteur (article L111-1 du Code de la propriété intellectuelle) : le contrat doit prévoir leur cession, droit par droit (article L131-3). En abonnement, demandez ce qui vous reste à la fin : certaines offres sont des locations.

Sur l'après-mise en ligne#

11. « Que comprend la maintenance, et sous quel délai répondez-vous ? » Mises à jour testées, sauvegardes, sécurité, heures d'évolution et délai de réponse, écrits noir sur blanc. Demandez un exemple de rapport mensuel.

12. « Que se passe-t-il pendant les trois mois qui suivent la mise en ligne ? » Corrections, suivi de l'indexation et des positions dans la Search Console, formation de vos équipes, premier bilan chiffré. Une agence qui disparaît le jour de la livraison vous laisse seul au moment le plus risqué.

Sur le prix#

13. « Pouvez-vous détailler le devis en jours, poste par poste ? » Cadrage, design, développement, contenus, SEO, recette. Rapportés aux tarifs du marché (environ 507 € par jour pour un designer UX expérimenté et 662 € pour un chef de projet, d'après le baromètre Malt 2026), les écarts entre devis s'expliquent presque toujours par des jours manquants.

14. « Que coûtera le site sur trois ans, tout compris ? » Hébergement, maintenance, licences, évolutions et, pour la publicité, des frais de gestion distincts du budget média. Les règles de Google Ads imposent d'ailleurs aux agences d'annoncer leurs frais de gestion par écrit avant la première vente, puis sur chaque facture.

Sur les références#

15. « Pouvons-nous appeler deux de vos clients, dont un qui travaille avec vous depuis plus d'un an ? » Un portfolio montre des sites ; un client raconte les délais, les dépassements et la réactivité après la mise en ligne. Google conseille lui aussi de demander à d'anciens clients si le travail a été sérieux et s'il a porté ses fruits.

Les signaux d'alerte chez une agence web#

Un seul de ces signaux justifie une question franche ; deux ou trois, un autre prestataire.

  • Une garantie de position. Google l'écrit en toutes lettres : « Personne ne peut garantir la première position dans les résultats de recherche Google ».
  • Un démarchage par e-mail qui promet le référencement. Google recommande de se méfier des prestataires qui vous contactent sans avoir été sollicités.
  • Des méthodes « confidentielles ». Une agence qui refuse d'expliquer ce qu'elle fait sur votre site vous empêche de vérifier son travail.
  • Des maquettes avant les questions. Un design proposé avant d'avoir compris vos clients ne peut être jugé que sur son apparence.
  • Vos actifs à son nom. Nom de domaine, compte Google Ads, fiche Google ou page Facebook enregistrés par l'agence, pour elle.
  • Un prix très inférieur aux autres, sans explication. Ce sont des jours en moins, presque toujours sur les contenus, le référencement ou l'après-mise en ligne.

La grille pour comparer les agences web#

Commencez par quatre critères éliminatoires, qui se vérifient par oui ou par non : vos actifs (domaine, comptes, code) à votre nom, deux références joignables, aucune garantie de position, un devis détaillé par poste. Une agence qui échoue sur l'un d'eux sort de la comparaison, quelle que soit la qualité de ses maquettes.

Notez ensuite les agences restantes de 1 à 5 sur chaque thème, juste après chaque rendez-vous, multipliez par le poids et additionnez : vous obtenez une note sur 5.

ThèmeQuestionsPoidsVotre note (1 à 5)
Compréhension de vos objectifs1 et 220 %
Méthode : structure, contenus, SEO, conversion3 à 630 %
Équipe et sous-traitance7 et 810 %
Propriété et réversibilité9 et 1010 %
Après la mise en ligne11 et 1210 %
Prix et coût sur trois ans13 et 1410 %
Références1510 %

La méthode pèse 30 % à elle seule : c'est là que se joue la différence entre un site qui rapporte et un site qui plaît. Une agence aux maquettes brillantes qui ne répond ni sur les contenus ni sur la mesure plafonne à 2 sur ce thème. Pour noter ensuite les devis eux-mêmes, notre modèle de cahier des charges propose une grille complémentaire, avec un exemple chiffré.

Votre agence actuelle fait-elle du bon travail ? Le test en 10 points#

Répondez par oui ou par non, en vous appuyant sur des documents plutôt que sur une impression.

  1. Le rapport mensuel parle de demandes, d'appels ou de ventes, pas seulement de positions et de trafic.
  2. Vous avez le plus haut niveau d'accès à vos comptes (propriétaire ou administrateur) : Search Console, Google Analytics, Google Ads, fiche Google, hébergement, CMS.
  3. Le temps facturé est justifié : vous savez ce qui a été fait, par qui, en combien d'heures.
  4. L'agence tient ses délais de réponse, et une demande simple est traitée en quelques jours.
  5. Elle vous a fait au moins une recommandation ce trimestre sans que vous la demandiez : une page à créer, un formulaire à simplifier, un test à lancer.
  6. Le site est à jour : CMS, extensions et version de PHP. Les versions antérieures à 8.2 ne reçoivent plus de correctifs de sécurité depuis le 1er janvier 2026, et la 8.2 n'en recevra plus après le 31 décembre 2026 (php.net).
  7. Les sauvegardes existent hors du serveur, et une restauration a déjà été testée.
  8. Vous connaissez ses frais de gestion publicitaires, distincts du budget versé à Google ou à Meta.
  9. Les résultats sont comparés à des objectifs fixés ensemble, et les écarts sont expliqués.
  10. Vous pourriez partir le mois prochain sans perdre votre site, vos données ni vos comptes.

9 ou 10 « oui » : gardez-la. De 6 à 8, fixez un rendez-vous avec la liste des « non » et un délai pour les corriger. À 5 ou moins, préparez le changement, en commençant par la checklist ci-dessous. Et si votre site attire du trafic sans produire de demandes, cherchez d'abord la fuite : le problème n'est pas toujours l'agence.

Comment changer d'agence web sans rien casser#

Le risque d'un changement d'agence n'est pas le nouveau prestataire : c'est ce que l'ancien détient encore. Suivez cet ordre.

Avant d'annoncer votre départ#

  • Nom de domaine : vérifiez qui en est le titulaire dans le Whois. Si c'est l'agence, obtenez le transfert à votre nom avant toute autre démarche. Pour changer de bureau d'enregistrement, il vous faudra le code d'autorisation (« auth-info ») que le bureau actuel doit vous communiquer.
  • DNS et e-mails : relevez la configuration DNS. Vos e-mails en dépendent souvent, et une erreur à cet endroit coupe la messagerie de l'entreprise.
  • Site et hébergement : un compte administrateur à votre nom sur le CMS, l'accès à l'hébergement et une sauvegarde complète récente (fichiers et base de données) conservée chez vous.
  • Comptes Google : propriétaire validé de la Search Console, administrateur de Google Analytics, de Tag Manager et de Google Ads (numéro client compris), propriétaire principal de la fiche d'établissement, qui n'en compte qu'un seul.
  • Meta : la page et le compte publicitaire doivent appartenir au portefeuille business de votre entreprise, l'agence n'y ayant qu'un accès de partenaire : seule l'organisation qui détient un élément peut le partager.
  • Licences et outils : thème, extensions payantes, CRM, prise de rendez-vous, e-mailing. Au nom de qui ?
  • Contrat : préavis, clause de réversibilité, cession des droits, restitution des données.

Pendant la transition#

  • Envoyez à l'agence, par écrit, la liste de ce que vous attendez et la date.
  • Faites entrer le nouveau prestataire, avec ses propres accès, avant la sortie de l'ancien.
  • Récupérez les fichiers sources (maquettes, logos, photos), la documentation, le code et les exports de données.
  • Demandez la restitution ou la suppression des données personnelles traitées pour votre compte : le RGPD en fait une clause obligatoire du contrat de sous-traitance.

Après le départ#

  • Retirez les accès de l'ancienne agence partout, et changez les mots de passe partagés.
  • Dans la Search Console, supprimez aussi ses jetons de validation : tant qu'ils restent en place, un propriétaire retiré peut valider à nouveau la propriété.
  • Surveillez pendant un mois les formulaires, les e-mails, l'indexation et les positions.

Et chez Cactechus, que répondons-nous à ces questions ?#

Une partie des réponses est publique. Nos prix sont affichés : site de 59 à 299 € HT par mois, plus 590 à 1 990 € HT de frais de création (engagement de 12 mois), ou de 2 490 à 6 990 € HT en achat unique ; refonte d'un site d'entreprise de 3 000 à 7 000 € HT ; maintenance de 49 à 199 € HT par mois, sans engagement (préavis d'un mois). Le site, le nom de domaine et les contenus vous appartiennent, y compris en abonnement, et nous ne garantissons aucune position sur Google.

Pour les autres questions, posez-les-nous : c'est la meilleure façon de nous comparer. Notre méthode est décrite sur la page agence web, le détail de nos formules sur la page prix.

En résumé#

Choisir une agence web, c'est choisir une méthode avant un style. Les 15 questions obligent chaque agence à parler de ce qui fera rapporter votre site (structure, contenus, référencement, conversion, maintenance), puis de qui fait le travail, de ce qui vous appartient et de ce que tout cela coûte sur trois ans. Quatre points sont éliminatoires : vos actifs à votre nom, des références joignables, aucune garantie de position et un devis détaillé.

Si vous travaillez déjà avec une agence, faites le test en 10 points avant de la remplacer : un rendez-vous franc suffit parfois. Si vous en changez, récupérez chaque accès avant d'annoncer votre départ. Et pour préparer la consultation, partez de notre modèle de cahier des charges.

Partager

À lire aussi